Accueil > Hatebreed > Hatebreed

Chronique de Hatebreed de Hatebreed

 
 
 
 
 
Style :
Hardcore
Pays :
USA USA
Sortie :
29/09/2009
Membres :
Jamey Jasta – chant
Frank Novinec – guitare
Chris Beattie – basse
Wayne Lozinak – guitare
Matt Byrne – batterie
Label :
E1 Music

Trois ans après le bien nommé "Supremacy", le groupe de metalcore du Connecticut nous pond en septembre 2009 son opus éponyme : "Hatebreed". On nous l'avait annoncé auparavant dans le magazine Rock Hard en ces termes : "Le prochain album n'est pas tout à fait fini, mais je peux d'ores et déjà vous affirmer qu'il est bien meilleur que Supremacy."

Alors qu'en est il ? Hatebreed tient-il ses promesses ? Détrône-t-il son prédécesseur ? Définitivement, la réponse est non.

Commençons donc par ce qui choque nos pauvres oreilles en premier : le chant. Au risque de choquer les fans du genre, Jamey Jasta, le frontman du groupe, est faux. Systématiquement, et sur la moindre de ses intonations. Il n'était pas si désagréable que ça, pourtant, sur Supremacy, mais là, il atteint des records. En plus de ça, sa voix est réellement insupportable. Son agressivité est trop forcée, son timbre trop sec, et les chœurs sont mal choisis et mal mis en place. En clair, si vous voulez avoir la moindre chance de pouvoir apprécier l'opus, mieux vaut essayer d'ignorer le hurlement du porc que l'on à essayé de décapiter devant le micro chant.

Au niveau de la composition, nous nous retrouvons devant un cas des plus étranges : En efet, elle n'est pas mauvaise en soi, les instruments sont bien mis en place, et les morceaux sont plutôt correctement agencés au sein de l'album. Mais ils ne sonnent pas, et en fait, sont assez creux, au final. En écoutant cet album, on a l'impression d'assister à un medley des meilleurs riffs de metal de ces 20 dernières années. En soi ce n'est pas si mal, mais malgré le niveau des musiciens, tout dans cette œuvre est vu et revu, rien n'impressionne, rien n'intéresse, et l'on se lasse très rapidement sans même avoir eu le temps de pleinement savourer cet arrière goût fade de vieux morceau recyclable qu'on essaie péniblement de nous vendre comme étant de la marchandise inédite.

Ignited with burning conviction

Ce concentré de saveurs oubliables est bien sur rehaussé d'un mixage au mieux bancal, au pire catastrophique. Tous les instruments ont l'air d'être comme collés ensemble par le son, tout a un rendu bien trop sec, ce qui crée un effet de style inapproprié, à la fois au genre et au groupe. La basse est complètement sous exploitée, la distorsion de la guitare est horriblement molle, la batterie donne l'impression d'être en carton, et les chœurs laissent totalement indifférent, car totalement isolés du reste du mix. Et la cerise sur le gâteau : les morceaux, qui se ressemblaient déjà entre eux dans leur construction musicale, ont tous eu droit au même mixage "chewing-gum". Seule la voix principale ressort correctement de l'ensemble et a droit à un mixage satisfaisant. Oui, cette même voix qui ne sera jamais juste de tout l'album...

Mais peut on dire de Hatebreed qu'il est vraiment mauvais? Après tout, sa composition tient la route, et l'on sent une vraie technicité ainsi qu'une forte expérience de jeu et de composition de la part des musiciens. Et bien oui. Parce qu'un album ne se vend pas en vantant les charmes de ses compositions sur-pompées à tous les grands noms du metal, ou même en faisant écouter des musiciens tellement habiles du poignet qu'ils sont sûrement capables de se branler plus vite que leur ombre. Un album est accrocheur quand il propose à son auditeur une expérience nouvelle, inédite, amusante, émouvante, bref : quelque chose qu'il ne pourra trouver qu'au sein de cet album.

Le principal problème de Hatebreed n'est, au final, pas dans la technique (et on pourrai même lui pardonner une voix hésitante et un mixage fait à l'arrache, éventuellement), mais dans le fait qu'il n'a rien à offrir. C'est de la pâle imitation sans saveur comme on en a vu des centaines. Un sous produit qui, dans le meilleur des cas, peut servir honorablement de musique d'ambiance pendant 45 minutes, à condition de ne pas monter le son trop fort. Que vous soyez ou pas un amoureux du genre, je ne peux décemment pas vous le conseiller. Quitte à tenter sa chance avec le groupe Hatebreed, essayez plutôt d'écouter Supremacy, leur album précédent, qui malgré tout, est bien plus original et mieux traité que ce brouillon que l'on a le culot de nous présenter comme un travail fini. A laisser entre des mains averties et des oreilles à toute épreuve, donc.

  • Tracklist
    Piste Titre Durée
    1 Become the Fuse 2:27
    2 Not My Master 3:14
    3 Between Hell and a Heartbeat 2:54
    4 In Ashes They Shall Reap 3:21
    5 Hands of a Dying Man 2:48
    6 Everyone Bleeds Now 2:56
    7 No Halos for the Heartless 2:57
    8 Through the Thorns 3:24
    9 Every Lasting Scar 3:14
    10 As Damaged as Me 2:21
    11 Words Became Untruth 2:33
    12 Undiminished 4:19
    13 Merciless Tide 2:41
    14 Pollution of the Soul 2:45
    15 Escape (Diehard Edit) (Metallica cover) 4:01
    Bonustracks (Best Buy)
    16 To the Threshold (live) 02:50
    17 As Diehard As They Come (Live) 02:20
    Bonustracks (iTunes)
    16 Kill an Addict (Re-Recorded) 01:02
    17 Filth (Re-Recorded) 01:40
    Bonustracks (Wal-Mart)
    16 Lay It All to Waste 02:19
    17 Preservation of Belief 02:20