Accueil > Motörhead > Aftershock

Chronique de Aftershock de Motörhead

 
 
 
 
 
Style :
Heavy metal
Pays :
Royaume-Uni Royaume-Uni
Sortie :
21/10/2013
Membres :
Lemmy Kilmister - chant / basse
Phil Campbell - guitare
Mikkey Dee - batterie

Mesdames et messieurs, levez vos verres, sortez vos Harley flambantes neuves du garage, la cuvée 2013 de Motörhead est dans les bacs !

21ème album studio (rien que ça !), Aftersock s'annonce comme la continuité logique de la production du groupe. Attendu depuis son annonce en octobre 2012, il s'intègre parfaitement dans leur discographie. Vous vouliez du gros Motörhead ? Vous aurez du gros Motörhead. Dès la pochette d'ailleurs, on sent les similitudes avec les œuvres précédentes arriver au galop : une énième déclinaison du crâne cornu, symbole du groupe depuis ses débuts, qui bien qu'affichant une esthétique vue et revue, reste tout de même de bonne facture.

Mais qu'en est-il de l'album en lui-même ? Et bien il a pour principale qualité et défaut d'être du Motörhead pur jus. Mais commençons tout d'abord par les points positifs :

Tout d'abord, la composition envoie du bois ! Peu de morceaux d'Aftershock échappent à cette règle : c'est lourd, nerveux, sans compromis, et c'est ça que l'on attendait. La guitare est saturée, la basse, puissante, et Lemmy, plus rauque que jamais. L'œuvre au final, comme tant d'autres du groupe, est une véritable école du Heavy Metal. On y retrouve tout ce qui fait le sel du genre : les riffs Hard Rock tirant parfois sur le bluesy, un chant puissant, des rythmes rapides et percutants, une guitare saturée qui se déchaîne et des solos de virtuose.

Quelques perles viennent agrémenter cet album, telles que "Lost Woman Blues", où l'on retrouve des gammes et une atmosphère bluesy évoquée plus haut, ou bien encore "Dust And Glass", bien plus étrangement posé que les titres précédents (et suivants), où l'on entend même Lemmy chanter d'une voix « claire ». Ce qui est, en soi, une raison supplémentaire d'écouter Aftershock.

Time to get away my dear

Parlons maintenant du mixage, car contrairement à son prédécesseur, The Wörld is Yours (2010), l'album sait se différencier par un choix de traitement sonore intéressant : ici, la batterie et la basse sont plus que jamais mises en avant, les deux instruments étant enregistrés de façon claire et leurs aigües, revues à la hausse (ce qui est un parti pris risqué dans ce genre de style), au contraire de la guitare et la voix, qui ont subi un traitement plus orienté sur la saturation et l'augmentation des basses. L'effet généré donne au final une sorte de mixage entre le propre et le sale, qui est à ma grande surprise du plus bel effet. Le son envoie, et l'idée fonctionne. Donnant un son à la fois unique, agressif et tout a fait approprié à l'ambiance musicale de l'œuvre.

Mais passons maintenant aux points négatifs : en effet, comme dit précédemment, Aftershock n'est, au final, qu'une réédition de ce qu'a déjà produit Motörhead par le passé. Il ne faut pas s'attendre à un travail novateur, ou qui change réellement de l'ordinaire du groupe. À quelques exceptions près, l'album a non seulement tendance à se ressembler un peu et à tourner en rond, mais également à ressembler à toute la cuvée récente du groupe, et malgré quelques perles et un parti pris sonore intéressant, ne parvient pas réellement à se démarquer de leur discographie. L'effet de ressemblance est également marqué par le fait que l'album est relativement long (14 titres).

Toutefois, il me serait difficile de déconseiller cet album. Si vous ne connaissez pas Motörhead et que vous désirez vous y mettre, Aftershock est un bon point de départ, un pot-pourri de ce que les anglais font de mieux. Et si vous aimez déjà le groupe, sachez que cet opus, bien que répétitif, reste du Motörhead de très bonne facture ainsi qu'un album Heavy Metal de qualité, et que l'on prend un plaisir monstrueux à écouter encore et encore, de préférence un whisky dans une main et un gros cigare dans l'autre. Avis aux amateurs, donc !

  • Tracklist
    Piste Titre Durée
    1 Heartbreaker 3:04
    2 Coup de Grace 3:45
    3 Lost Woman Blues 4:09
    4 End of Time 3:17
    5 Do You Believe 2:58
    6 Death Machine 2:37
    7 Dust and Glass 2:50
    8 Going to Mexico 2:51
    9 Silence When You Speak To Me 4:30
    10 Crying Shame 4:28
    11 Queen of the Damned 2:50
    12 Knife 2:57
    13 Keep Your Powder Dry 3:54
    14 Paralyzed 2:50